Juil 22

Maintenance des bornes de recharge pour véhicules électriques : un marché en forte expansion

Posté par : Xavier Biseul / Etiquettes : , ,

Maintenance des bornes de recharge pour véhicules électriques : un marché en forte expansion

Le plan de soutien à la filière automobile prévoit de plus que tripler le nombre de points de recharge électrique accessibles au public pour atteindre les 100 000 sur tout le territoire. Un vaste parc qu’il conviendra de maintenir. Un nouveau marché à conquérir pour les professionnels de la maintenance.
 
Ce n’est pas le jeu des mille bornes mais des 100 000 bornes. Dans son plan de soutien à la filière automobile, présenté fin mai, le président de la République a décidé d’accélérer le déploiement des bornes de recharge électrique accessibles au public. L’objectif des 100 000 bornes sur tout le territoire devrait être atteint dès l’an prochain et non plus fin 2022.
 
Un chantier devenu indispensable car le réseau français, comptant actuellement près de 30 000 bornes publiques, est en sous-capacité. L’Association nationale pour le développement de la mobilité électrique (Avere) note, dans son dernier baromètre, que la crise sanitaire a marqué un coup d’arrêt dans le déploiement.

Le nombre de bornes a progressé de près de 13 % en un an

Le nombre de points de recharge n’a, en effet, progressé que de 1 % depuis mars 2020. La hausse sur l’année est toutefois de 12,7 %. Le nombre de points dits de recharge accélérée et rapide, prévus pour les longs déplacements, a plus fortement progressé de (14,7 %) que pour les bornes de recharge normale (8,5 %).
 
L’Avere observe qu’une large majorité de points de recharge (90 %) est en courant alternatif. Les voitures électriques ne disposant pas d’un chargeur embarqué adapté peuvent ne pas bénéficier de la puissance de charge maximale offerte par ces derniers. Les points de recharge en courant continu qui proposent de la recharge rapide pour les déplacements longue distance restent minoritaires sur le territoire.

Une borne pour onze véhicules électriques

Au total, avec près de 252 000 véhicules électriques en circulation, la France compte aujourd’hui un point de recharge pour 8,4 voitures, ou une borne pour 10,8 véhicules si l’on inclut les 70 000 hybrides rechargeables.
 
Le déploiement est inégal selon les régions. Auvergne-Rhône-Alpes est la plus dynamique avec une progression de 14 % en un an. En ce qui concerne les départements les mieux couverts, on trouve le Lot avec 156 points de recharge pour 100 000 habitants, suivi des Hautes-Alpes et de la Lozère. A l’inverse, la Haute-Loire et la Seine-et Saint-Denis sont les moins bien lotis avec moins dix points de recharge pour 100 000 habitants.
 
Le sous-dimensionnement actuel du réseau mais aussi le coût associé conduisent la plupart des conducteurs de véhicules électriques à recharger leur batterie à domicile. Selon une enquête réalisée par BVA pour le compte d’Enedis, 70 % des répondants n’utilisent jamais les bornes de recharge publique et, pour les deux tiers qui ont y recours, ils rechargent leur batterie sur les parkings des supermarchés.
 

43 km, la distance moyenne parcourue au quotidien

De fait, l’électrique couvre essentiellement les trajets du quotidien pour 94 % des répondants, contre 6 % pour les départs en week-end et les vacances, rappelle l’étude d’Enedis. La distance moyenne parcourue au quotidien avec un véhicule électrique est de 43 km.
 
L’objectif des 100 000 bornes déployées dans l’espace public annoncé par Emmanuel Macron devrait changer la donne. A cela s’ajoute les 155 000 points de recharge dans les entreprises, comptabilisés fin 2019 par Enedis, et ceux installés en habitat collectif et dans les copropriétés. Depuis 2016, le programme Advenir aide au financement de bornes de recharge publiques ou privées.

Une maintenance délicate, à la fois matérielle et logicielle

En cumul, le parc de bornes à maintenir devient rapidement significatif. Selon un décret de janvier 2017, l’aménageur d’une infrastructure de recharge ouverte au public doit prendre « les mesures adéquates pour être en mesure de garantir le respect d’un délai maximum d’intervention en cas d’anomalie affectant l’utilisation de cette infrastructure. » L’inspection des bornes doit être réalisée au moins une fois par an.
 
Mêlant hardware et software, une borne est composée de pièces électromécaniques et de microprogrammes rendant sa maintenance délicate. Si elle est connectée, la supervision à distance est possible. En maintenance curative, un technicien spécialisé peut être conduit à remplacer sur site une carte électronique, les filtres ou reconfigurer un microprogramme.
 
Les prestataires qualifiés intervenants dans ce domaine peuvent se prévaloir du label EV READY proposé par l’Asefa, un organisme de certification accrédité par le Cofrac (Comité français d’accréditation).

La nécessaire optimisation de la planification des interventions

Les acteurs intervenant dans la maintenance des infrastructures de recharge de véhicules électriques (IRVE) ont toutes les bonnes raisons de se doter d’un logiciel de gestion des interventions. Les bornes étant disséminées sur tout le territoire, un prestataire doit optimiser autant que possible la tournée des techniciens sur site.
 
Cette nécessaire optimisation permet à la société de maintenance de réduire ses coûts et son empreinte carbone et, ce, même si elle est dotée d’une flotte de véhicules… électriques. Il s’agit également d’éviter aux techniciens des déplacements inutiles.
 
La planification assistée par intelligence artificielle permet de rapidement bâtir le meilleur planning possible en tenant compte des temps de trajets et de la charge de travail des techniciens. A titre d’exemple, SmartScheduler, le module dédié de Praxedo, repose sur des algorithmes de type métaheuristique.
 
Avec la géolocalisation, le planificateur suit, de son côté, l’activité des équipes terrain en temps réel. Il peut ainsi savoir si les techniciens sont en ligne avec leur planning et identifier le collaborateur le plus proche d’un site pour l’envoyer, le cas échéant, sur une intervention urgente.

L’application mobile, le bureau du technicien

Du côté du technicien, l’application installée sur son terminal mobile lui sert de couteau suisse. Il visualise la carte de sa tournée et les interventions qui lui sont assignées. Il consulte, ensuite, les fiches d’intervention avec l’adresse du site, les coordonnées des contacts, la description des actions à réaliser.
 
Bien sûr, ces données doivent être accessibles en mode déconnecté, un technicien pouvant intervenir dans une zone blanche sans réseau mobile. Dans les immeubles collectifs, les bornes de recharge se trouvent généralement dans un parking en sous-sol.
 
Avec une application mobile dédiée, comme celle de Praxedo, un technicien disponible peut également consulter les interventions à réaliser autour de lui et s’auto-saisir d’une mission avec le bouton « à proximité ». Toujours sur son smartphone ou sa tablette, le technicien saisit son temps de travail et complète son compte-rendu d’intervention puis fait signer électroniquement le client dans la foulée.
 

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A propos de l’auteur

Xavier Biseul est journaliste indépendant. Spécialiste des sujets liés aux nouvelles technologies et à la transformation digitale des entreprises, il collabore avec de nombreux titres de la presse print et web

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