Déc 11

Comment veiller à la sécurité des techniciens de maintenance

Posté par : Xavier Biseul / Etiquettes : , ,

Comment veiller à la sécurité des techniciens de maintenance

Du fait de son activité, le technicien est exposé à un grand nombre de risques. L’externalisation de la maintenance rend encore plus complexe la gestion de la sécurité. Quel plan de prévention mettre en œuvre ? Quelques éléments de réponse.
 
Technicien de maintenance, un métier à risque ? Selon les chiffres avancés par l’Association française des ingénieurs et responsables de maintenance (Afim), la profession présente une occurrence de maladies professionnelles de 8 à 10 fois plus élevée que le reste de la population et la durée moyenne d’incapacité temporaire liée aux accidents atteint 53 jours, soit 12 jours de plus que la moyenne nationale.
 
Incendie, explosion, électrocution, intoxication, irradiation, chute… les risques sont nombreux et protéiformes. Le technicien de maintenance est souvent en contact avec des équipements sous tension ou sous pression. Des pièces sont parfois lourdes à manipuler et difficilement accessibles au démontage et remontage. Le technicien peut aussi être amené à intervenir dans des locaux exigus et mal éclairés.
 
Effectuant des manipulations répétitives, le technicien de maintenance peut être sujet à des troubles musculosquelettiques (TMS). Par ailleurs, le stress propre à un métier soumis aux aléas et aux situations d’urgence associé à la charge mentale provoquée par des délais d’intervention serrés et les périodes d’astreinte de nuit ou le week-end, conduisent à d’éventuels risques psychosociaux (RPS).
 
L’externalisation de la maintenance qui s’est accélérée ces dernières années renforce l’exposition aux risques. Le personnel ne connait pas toujours les lieux d’intervention et n’a pas suivi de formation spécifique à la sécurité du site. A cela s’ajoute un déficit de communication entre le donneur d’ordre et le prestataire sur les éléments de contexte liés à l’intervention. C’est une fois sur place que le technicien découvre l’importance de la panne et des risques auxquels il est exposé. Il peut être aussi victime d’une mise en route intempestive de l’équipement sur lequel il intervient par l’équipe de production faute d’avoir été prévenu de sa présence.

Renforcer la communication donneur d’ordres – prestataire

Une solution de gestion des interventions comme celle de Praxedo permet d’assurer cette communication permanente mais aussi de pousser sur le smartphone du technicien le consignes de sécurité à respecter pour chaque site.
 
Le contrat de prestation doit, par ailleurs, encadrer la nature des interventions et préciser les moyens mis en œuvre en termes de prévention des risques. Il pourra, par exemple, indiquer que le salarié prestataire sera systématiquement accompagné par un collaborateur maison.
 
Le donneur d’ordres peut aussi être contractuellement tenu de fournir la tenue de protection (vêtements, gants, chaussure de sécurité, lunettes…) en nombre suffisant et adaptés aux techniciens amenés à intervenir sur site (taille, pointure).

Maintenance préventive ou corrective

Bien sûr, la prévention des risques diffère qu’il s’agisse d’une maintenance préventive ou corrective. Dans le premier cas, elle est planifiée et préparée. Les mesures de protection sont normées et visent à réduire les risques d’accident ou d’exposition.
 
Dans le second cas, la demande d’intervention intervient inopinément. Les consignes de sécurité doivent être adaptées au contexte spécifique de la panne et de l’équipement à maintenir. Ce qui renvoie à la nécessaire communication entre le donneur d’ordres et son prestataire de maintenance.

Bâtir un plan de prévention

Si la gestion de la sécurité doit être partagée entre le prestataire et le donneur d’ordre, cela ne dédouane pas ce dernier de ses responsabilités. Si les opérations de maintenance sont récurrentes ou considérées comme dangereuses, le Code du travail lui impose de bâtir un plan de prévention sur la base d’une évaluation des risques.
 
Sur son site, l’Afim propose un grand nombre d’outils et de démarches pour tendre au risque zéro. Parmi les méthodologies avancées par l’association, on trouve Securafim qu’elle a développé avec l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) dont la promesse est de diviser par deux les accidents en maintenance.
 
L’Afim a également publié un référentiel à destination les prestataires intervenant sur des sites à risque industriel. Synthèse de référentiels existants, il comprend un questionnaire d’autoévaluation et un outil de management du système d’organisation SST (Santé et sécurité au travail).
 

Un progiciel d’évaluation des risques

L’Afim fait aussi la promotion du progiciel PARI Maintenance. PARI pour Programme d’Analyse des Risques lors des Interventions en Maintenance. Ce progiciel vise à analyser et prévenir les risques professionnels lors des interventions de maintenance en procédant aux analyses de risques, à la rédaction des plans d’intervention et de prévention puis à la traçabilité des mesures préventives définies. Ce document unique doit être mis à jour et enrichi. PARI Maintenance doit aussi permettre de justifier la capacité d’un prestataire à intervenir en sécurité
 
De son côté, l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail encourage la participation des collaborateurs pour améliorer la santé et la sécurité au travail estimant que les premiers concernés ont une meilleure vision des risques encourus et des dispositifs à prendre. Elle a publié un guide en ce sens.
 
L’INRS a, pour sa part, mis en ligne une fiche pratique rappelant quelques principes de base pour aider les employeurs à améliorer la prévention des risques professionnels dans les activités de maintenance.
 
L’Assurance maladie a, elle, conçu des documents sur des cas particuliers comme les opérations de maintenance et de dépannage des engins mobiles de travaux publics par une entreprise extérieure ou l’organisation des travaux de maintenance en tuyauterie et chaudronnerie sur sites chimiques et pétroliers.

Une usine du futur plus sûre

Dans le cadre du concept d’usine du futur, les nouvelles technologies et en particulier l’internet des objets (IoT) industriel peuvent améliorer significativement la sécurité sur site. Une multitude de capteurs mesurent en continu la pression, les vibrations, la température ou le taux d’humidité. L’analyse de ces données permet de prévenir un accident grave. De même, l’usine du futur est dotée de détecteurs connectés sonnant l’alerte en cas de départ de feu, de fuite de gaz ou d’eau.
 
L’intelligence artificielle peut, elle, s’inviter dans le cockpit de supervision et apporter une aide à la décision en faisant le tri sur les alertes remontées. En écartant les faux positifs, elle porte à l’attention de l’opérateur les indicateurs les plus urgents. En mode autonome ou semi-autonome, une IA peut effectuer, selon des scenarii prédéfinis – un certain nombre d’actions – établissement d’un périmètre de sécurité, alerte aux services d’urgence… – afin de gagner de précieuses secondes.
 

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A propos de l’auteur

Xavier Biseul est journaliste indépendant. Spécialiste des sujets liés aux nouvelles technologies et à la transformation digitale des entreprises, il collabore avec de nombreux titres de la presse print et web

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